L’édification d’une capitale

La région était déjà habitée par des peuples autochtones il y a 9 000 ans, et des peuples nomades s’y arrêtaient pour portager et faire du troc. Des preuves archéologiques indiquent d’ailleurs que la région était une plaque tournante commerciale animée voilà quelque 6 000 ans. La toponymie actuelle reflète les noms que les Anishinabés ont attribués aux lieux de rencontre et d’échange, comme Ottawa (« le chemin qui marche ») et Kitchissippi (« grande rivière »). Des obstacles à la navigation ont donné lieu à des établissements aux extrémités des sentiers de portage, et un des plus importants de ceux-ci était la chute des Chaudières (Akikodjiwan ou Kîshkâbikedjiwan), où Samuel de Champlain lui-même a été témoin de cérémonies au début des années 1600.

Carte illustrant les routes qu’empruntaient les peuples autochtones il y a plus de 6 000 ans Source : CCN
Carte illustrant les routes qu’empruntaient les peuples autochtones il y a plus de 6 000 ans
Source : CCN

Les origines de la capitale contemporaine remontent à la construction du canal Rideau, après la guerre de 1812, qui a permis d’établir une voie de navigation sécuritaire entre Toronto et Montréal. Le colonel John By, commandant du Corps royal du génie chargé de creuser le canal, avait installé un petit établissement sur cette route à l’endroit où se trouve Ottawa aujourd’hui. La ville, située à la frontière du Haut et du Bas-Canada et appelée Bytown à l’époque, s’est développée avec le commerce du bois et a été renommée Ottawa en 1855. Deux ans plus tard, la Reine Victoria l’a désignée capitale de la Province unie du Canada, ou Canada-Uni. À cette époque, sa population n’était que de 16 000 habitants. La géographie de la région a été déterminante dans le choix de cet emplacement pour la capitale : celui-ci se trouve à une distance sécuritaire de la frontière américaine et permet de réunir les deux Canadas.

Malgré ces avantages, la capitale ne ravissait pas tous les premiers ministres de ce jeune pays. En 1884, jugeant qu’elle « n’[était] pas une belle ville », le septième premier ministre du Canada, Sir Wilfrid Laurier, a mis au défi son gouvernement de l’améliorer. Débuta alors plus d’un siècle d’édification du milieu urbain de la capitale fédérale. Le Plan poursuit donc la mission que se sont donnée nos prédécesseurs de créer une capitale belle et digne.