Une capitale pittoresque et naturelle

En 2067, la capitale sera encore plus belle et animée puisqu’elle comptera un réseau exceptionnellement vaste d’aires naturelles qui sont essentielles à la qualité de vie et au caractère de la région. De magnifiques paysages aménagés orneront la capitale et offriront de nombreux lieux pittoresques, ajoutant à son caractère unique. Les zones naturelles protégées représentent l’un des plus importants legs de l’édification de la capitale.

La CCN et les organismes qui l’ont précédée ont patiemment constitué le patrimoine foncier de ce vaste domaine public sur plusieurs générations. À mesure que l’urbanisation se poursuivra, ces terrains deviendront encore plus précieux non seulement en tant qu’espaces publics importants, mais aussi pour leur grande valeur écologique. Ils représentent également une valeur économique considérable pour la région. Avec les institutions nationales, ces espaces comptent parmi les particularités les plus appréciées qui distinguent vraiment la capitale des autres villes d’envergure comparable.

Les 550 kilomètres carrés de territoire fédéral dans la région de la capitale nationale abritent une grande variété d’écosystèmes valorisés et d’habitats naturels et contribuent ainsi considérablement à la biodiversité de la région. On y compte au total 28 écosystèmes valorisés et habitats naturels, soit 11 dans les terrains urbains, 8 dans le parc de la Gatineau et 9 dans la Ceinture de verdure. La CCN les gère conformément au protocole de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La Mer Bleue est la plus vaste tourbière de la région de la capitale nationale reconnue internationalement par la Convention de Ramsar concernant la conservation des zones humides.

Le parc de la Gatineau, la Ceinture de verdure, les corridors de verdure et les aires naturelles de la zone urbaine, de même que les corridors des sentiers récréatifs et des promenades, renforcent la possibilité d’une coexistence durable entre la nature, les habitats écologiques et la vie urbaine dans la capitale. Les parcs, les cours d’eau et les berges publiques sont un héritage inestimable des premières mesures de planification fédérale, à commencer par celles prises par Frederick Todd en 1903, qui visaient à réserver, à proximité de la capitale, un lieu où on peut encore profiter de la nature, où celle-ci n’a pas été altérée par un contact avec l’homme.

Le réseau d’espaces verts de la capitale

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[map bigname="Carte" smallname="Réseau d’espaces verts de la capitale" target="Rseaudespacesvertsdelacapitalemap"]Attribut important de la capitale d’aujourd’hui, le réseau d’espaces verts comprend les vastes étendues du parc de la Gatineau, la Ceinture de verdure, les espaces verts urbains et les berges, ainsi que les liens vers les grands écosystèmes de la région. Ces espaces verts seront encore plus importants dans l’avenir, à mesure que l’urbanisation et la croissance s’accentueront.

[map bigname="Carte" smallname="La capitale verte" target="Lacapitalevertemap"]D’une part, il serait possible de relier ce territoire aux attraits et aux systèmes naturels environnants. D’autre part, ces espaces verts risquent de subir une fragmentation encore plus importante en raison des pressions grandissantes exercées par les infrastructures et les services nécessaires à la croissance urbaine. Ils font aussi l’objet de menaces systémiques, comme les changements climatiques et les espèces envahissantes. L’agrile du frêne, par exemple, a entraîné des répercussions néfastes sur le couvert forestier de la région.

[caption id="attachment_836" align="alignnone" width="300" class="imageleft"]Sentier Lauriault, domaine Mackenzie-King, parc de la Gatineau Source : CCN Sentier Lauriault, domaine Mackenzie-King, parc de la Gatineau
Source : CCN[/caption]

Le réseau d’espaces verts de la capitale fait partie d’un réseau écologique intégré plus vaste qui couvre plusieurs territoires administratifs. Ces divisions territoriales rendent difficile la surveillance globale de la santé des bassins hydrographiques, de la faune et de la végétation dans la région de la capitale. Selon les données existantes, il y a eu un certain déclin du couvert végétal et une perte d’habitat au cours des 10 dernières années sur les propriétés foncières de la CCN. À l’échelle régionale, le taux de dépérissement hors des terrains de la CCN est encore plus grand. Par ailleurs, on comprend mieux comment assurer la durabilité des ressources en eau des différents bassins hydrographiques, mais plusieurs menaces pour la qualité de l’eau et la santé des écosystèmes aquatiques subsistent toujours. La CCN continuera de surveiller la santé des écosystèmes à l’aide d’indicateurs appropriés.

Les forêts se trouvant à proximité et à l’intérieur de milieux de plus en plus urbanisés doivent être gérées et entretenues activement pour assurer leur santé à long terme. Le couvert forestier urbain contribue à la qualité de vie dans la région, en améliorant la qualité de l’air, en participant à la gestion des eaux de ruissellement et en rehaussant l’expérience esthétique. Au nombre des exemples de grandes forêts urbaines, mentionnons la Pinède, dans la Ceinture de verdure, de même que les bois de l’ancienne base aérienne de Rockcliffe, au sud de la promenade Sir-George-Étienne-Cartier.

Bâtir le réseau vert de la capitale, en tant que modèle de promotion et de protection de la santé écologique et de la biodiversité dans un milieu urbain, constitue un engagement clé du présent plan. La protection du patrimoine naturel collectif sera essentielle à la vitalité, à l’attractivité et à la résilience de la région de la capitale au cours des 50 prochaines années. Les habitats et les écosystèmes naturels jouent un rôle important dans la capitale, et ils exercent une influence sur la vie quotidienne de la population de la région. Ces zones naturelles et d’autres zones d’importance régionale sont interdépendantes. Par exemple, les plans de la CCN concernant le parc de la Gatineau et la Ceinture de verdure mettent en évidence l’importance des liens écologiques entre ces terrains fédéraux et les terrains qui se trouvent au-delà de leurs limites. L’atteinte des importants objectifs en matière de biodiversité et de santé écologique dépend de la connectivité et des liens écologiques entre les habitats et les milieux naturels; elle permettra du même coup d’améliorer la résilience et la biodiversité de l’ensemble du système naturel.

D’ici le bicentenaire de la Confédération, les propriétaires fonciers fédéraux conserveront, protégeront et mettront en valeur les éléments naturels d’intérêt national de la région en collaboration avec les nombreux partenaires et intendants de l’ensemble du milieu. Ces éléments, décrits dans les sections qui suivent, doivent demeurer un attribut esthétique distinctif de la capitale.


LE RÉSEAU D’ESPACES VERTS DE LA CAPITALE

Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. Dans le parc de la Gatineau et la Ceinture de verdure, la CCN accordera la priorité à l’acquisition de terres écologiquement sensibles afin d’accroître la protection d’écosystèmes vulnérables qui sont essentiels à la capitale. Diverses méthodes permettraient d’atteindre cet objectif, y compris la planification de l’utilisation du territoire, l’achat de terrains ou l’établissement de servitudes de conservation.
  2. La gestion des terrains boisés, des forêts et du couvert forestier sur les propriétés fédérales exigera l’élaboration d’une politique intégrée de gestion des forêts et des mesures de régénération. Ces travaux seront réalisés en étroite collaboration avec les municipalités touchées, dont certaines ont déjà élaboré des politiques à cet égard.
  3. La CCN participera aux discussions avec les autres ordres de gouvernement concernant les futures utilisations du sol aux limites extérieures de la région de la capitale afin de préserver la biodiversité régionale.
  4. La CCN travaillera avec ses partenaires afin de créer et de protéger, à long terme, des lieux tranquilles et des aires de protection du ciel nocturne dans tous les secteurs du réseau d’espaces verts de la capitale.
  5. En partenariat avec les propriétaires fonciers, les municipalités et d’autres organismes, la CCN s’efforcera de conserver les corridors écologiques reliés à la Ceinture de verdure et au parc de la Gatineau pour protéger à long terme la biodiversité dans la région de la capitale.

Le parc de la Gatineau

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[map bigname="Carte" smallname="Parc de la Gatineau" target="ParcdelaGatineaumap"]En 2067, le parc de la Gatineau présentera une valeur nationale encore plus grande en tant que vaste réserve naturelle située à quelques minutes du centre urbain de la capitale. Se trouvant à la limite du Bouclier canadien, le parc s’étend jusqu’au cœur de la capitale entre les rivières Gatineau et des Outaouais et assure un lien avec les espaces plus sauvages de la forêt boréale. La présence d’un territoire sauvage à proximité d’une grande capitale est rare, et dans le cas de la capitale du Canada, elle rappelle aussi de manière évocatrice les vastes étendues sauvages de ce pays.

Projet marquant 9 [caption id="attachment_840" align="alignnone" width="300" class="imageleft"]<span class=Vue à partir du belvédère Champlain, parc de la Gatineau Source : CCN Vue à partir du belvédère Champlain, parc de la Gatineau
Source : CCN[/caption]

La CCN gère le parc de la Gatineau en tant qu’aire du patrimoine naturel de catégorie II, selon les normes de l’UICN. La principale raison d’être du parc sera toujours de constituer une réserve naturelle, dotée de caractéristiques naturelles mémorables et comptant une faune et une flore uniques ainsi que de beaux sites et paysages patrimoniaux. Parallèlement, le parc accueillera des activités humaines favorisant l’appréciation du milieu naturel et l’interaction avec lui pourvu qu’elles aient un faible impact sur les ressources écologiques. Le défi constant à cet égard consiste à gérer les effets du nombre grandissant de visiteurs dans une région en pleine croissance. En 2013, le parc s’est classé au deuxième rang des grands parcs gérés par le gouvernement du Canada quant au nombre de visiteurs. L’accroissement de l’achalandage a d’ailleurs incité la CCN à élaborer et à mettre en œuvre des techniques de gestion novatrices afin de protéger la santé à long terme des écosystèmes du parc et de préserver cet emblème national. La CCN promouvra cette approche dans le cadre de son rôle de chef de file en matière de gestion environnementale dans la région.


LE PARC DE LA GATINEAU

Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. La CCN continuera d’acquérir des terrains, dès qu’ils seront mis en vente ou lorsque le propriétaire souhaitera en faire don au pays. Elle accordera la priorité aux terrains qui sont vulnérables au développement, qui présentent un caractère écologique particulier ou qui servent de liens vers des écosystèmes.
  2. En ce qui a trait à la présence de résidences dans le parc, la CCN travaillera avec les résidants et les administrations locales afin de rendre ces habitations écologiquement durables.
  3. La CCN protégera et mettra en valeur le patrimoine culturel en préservant les bâtiments et les paysages essentiels.
  4. La CCN travaillera avec les intervenants locaux pour conserver et, dans certains cas, pour restaurer les écosystèmes et les habitats valorisés du parc de la Gatineau. Elle veillera à maintenir la connectivité écologique, la biodiversité, ainsi que les espèces en péril.
  5. Il faudra travailler de façon soutenue avec les usagers du parc pour veiller à ce que les activités récréatives soient respectueuses de l’environnement tout en répondant aux intérêts croissants et variés des usagers, et favoriser la conservation, notamment en appliquant le principe visant à « ne laisser aucune trace ». La CCN travaillera avec des groupes d’usagers afin de sensibiliser les gens à une utilisation durable de l’environnement.
  6. La CCN continuera de travailler avec les municipalités, les organismes de conservation et d’autres partenaires du secteur privé pour créer des liens depuis le parc de la Gatineau vers les réseaux écologiques plus vastes et pour protéger les corridors écologiques.
  7. La CCN continuera de travailler avec les municipalités et d’autres groupes afin de mettre à profit la conservation des biens naturels pour le bénéfice économique régional et de compléter l’offre récréative du parc par des activités de plein air à l’extérieur de celui-ci. Elle encouragera les municipalités à concevoir et à mettre au point des normes de conception s’appliquant au parc de la Gatineau et à créer d’autres installations récréatives pour aider à réduire les pressions sur le parc.

Les cours d’eau et les berges

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[map bigname="Carte" smallname="Principaux cours d’eau" target="Principauxcoursdeaumap"]La capitale du Canada est une capitale riveraine. Elle est située au confluent de trois rivières : la rivière des Outaouais, la rivière Gatineau et la rivière Rideau. Cette situation a été déterminante dans l’itinéraire commercial des Premières Nations, puis beaucoup plus tard, dans la décision de faire d’Ottawa la capitale nationale et d’y établir le Parlement. La rivière des Outaouais, qui formait la frontière entre le Haut et le Bas-Canada, est maintenant un élément unificateur important dans l’histoire de la région. En 2016, le côté ontarien a été désigné au nombre des rivières du patrimoine canadien.

La rivière Rideau et la rivière Gatineau se jettent dans la rivière des Outaouais. Ces trois rivières forment ainsi un des réseaux hydrographiques les plus longs du Canada, soit 1 271 kilomètres, et la superficie de leur bassin hydrographique est d’environ 146 000 kilomètres carrés. La rivière Gatineau, qui s’étend sur presque 400 kilomètres de longueur, a été une importante voie navigable à partir du nord. Le canal Rideau traverse les réseaux des rivières Rideau et Cataraqui sur plus de 200 kilomètres du sud d’Ottawa au port de Kingston sur le lac Ontario. En 2007, l’UNESCO a ajouté le canal Rideau à sa prestigieuse liste des sites du patrimoine mondial.

Coulant au centre de la région de la capitale nationale, la rivière des Outaouais trace toujours la frontière entre le Québec et l’Ontario. Elle était autrefois le principal moyen de transport vers l’intérieur. La confluence des trois rivières de la capitale est au cœur du territoire algonquin anishinabé traditionnel. La configuration des rivières et des routes de portage a servi de base géographique aux premiers colons qui se sont établis de façon permanente dans la région et de point de départ pour l’exploration du continent par les Européens.

Les efforts d’embellissement qui ont été entrepris dès la proclamation de la capitale en 1857 ont entraîné une conversion graduelle des sites industriels situés le long des berges en espaces de verdure aménagés. Avec le déclin de l’industrie du bois d’œuvre dans la capitale au début du XXe siècle sont apparues de nouvelles possibilités de récupérer les berges à des fins d’usage public. Les visions successives en matière d’aménagement ont entraîné la création des terrains riverains accessibles au public le long des rivières Rideau et des Outaouais et du canal Rideau. La création de la promenade du Canal (maintenant la promenade de la Reine-Elizabeth) et de son décor pittoresque a permis d’orner le canal de sentiers et de jardins accessibles. La construction de la promenade de Rockcliffe (maintenant la promenade Sir-George-Étienne-Cartier) a coïncidé avec la création du parc du même nom, qui offre aux résidants ainsi qu’aux visiteurs un décor bucolique et un espace de loisir surplombant la rivière. Le Plan d’aménagement de la capitale nationale de Gréber proposait le déplacement des installations industrielles et des chemins de fer vers la périphérie urbaine pour moderniser et embellir davantage la capitale.

Les cours d’eau de la région offrent des possibilités récréatives aux résidants et aux visiteurs. Ils procurent des vues magnifiques sur des paysages naturels et offrent une occasion unique d’entrer en contact avec le patrimoine culturel et le milieu naturel environnant. Trésors à préserver pour les générations futures, ces cours d’eau revêtent de multiples significations qui seront évoquées en divers endroits le long des berges.

  • Ils ont une signification spirituelle pour les Algonquins anishinabés, et ils procurent des lieux naturels saisissants, comme la chute des Chaudières.
  • Ils sont symboliques, puisqu’ils offrent une représentation du caractère naturel du pays, ce qui constitue une caractéristique unificatrice, à la fois culturelle et géographique.
  • Les cours d’eau constituent les premières voies de communication, les anciennes autoroutes qui menaient vers les vastes étendues naturelles et sauvages de l’arrière-pays.
  • Ce sont des lieux de rencontre historiques : pour les peuples autochtones, ensuite pour les flotteurs de bois et les draveurs qui font partie du patrimoine de l’industrie du bois d’œuvre de la région de la capitale.
  • Plusieurs parcs et espaces verts étant situés le long de leurs berges, ce sont des routes panoramiques qui servent de portes d’entrée importantes dans la capitale.
  • Ils ont une fonction récréative, car ils permettent de pratiquer des activités nautiques, et ils procurent des espaces de loisir et des lieux de rencontre.
  • Ils sont vitaux pour l’environnement : l’amélioration de la qualité de l’eau profite au grand bassin hydrographique.

La santé écologique des bassins hydrographiques et la protection de la qualité de l’eau sont de la plus haute importance lorsqu’on considère la conservation à long terme des cours d’eau et de leurs berges. Certains endroits feront l’objet d’une utilisation active, mais de grandes zones des berges devront être protégées, restaurées et naturalisées.

Un des éléments qui caractériseront les villes du XXIe siècle sera la grande attention qu’elles porteront à l’utilisation publique de leurs cours d’eau et de leurs berges. En 2067, le réseau réinventé des berges améliorera l’accessibilité et la jouissance publiques des terrains riverains. Les vues et les panoramas de haute qualité seront protégés et mis en valeur. Les terrains fédéraux joueront un rôle essentiel dans la restauration de la qualité des cours d’eau afin que ceux-ci soient viables, écologiquement variés et propices à la baignade.

Les berges abriteront des lieux animés servant à des activités culturelles et nautiques et des lieux où les gens de tous âges, de toutes capacités et à différentes étapes de vie se sentiront chaleureusement accueillis dans la capitale. Plusieurs aires de repos permettront de renouer avec la nature, d’accéder aux cours d’eau, de déambuler le long d’un sentier d’interprétation ou de piqueniquer dans un paysage pittoresque sans pareil. La propriété publique des berges permet aux visiteurs et aux résidants de redécouvrir les usages historiques des cours d’eau de la région dans le cadre d’activités d’animation et d’interprétation des lieux. La promotion d’activités de loisir nautiques, comme la navigation de plaisance, contribuera encore davantage à l’utilisation active de ces cours d’eau. La valeur des promenades à titre d’infrastructure verte augmentera de manière exponentielle avec la croissance de la région.

L’ensemble de ces mesures permettra de réinventer la culture de l’eau qui existait autrefois dans la région de la capitale. On veillera à maintenir un équilibre entre, d’une part, l’accès aux cours d’eau et l’ajout d’installations de services sur les terrains riverains et, d’autre part, la préservation de la santé des cours d’eau.


LES COURS D’EAU ET LES BERGES Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. Les espaces verts riverains demeureront des espaces publics de premier plan, mais de nouvelles structures et de nouveaux partenariats seront établis pour y favoriser davantage l’accès public, la pratique d’activités et l’offre de services, tout en améliorant la qualité des habitats naturels dans les secteurs où il y a moins d’activité. Davantage de lieux donneront accès à l’eau et permettront aux gens d’en profiter le long de la rivière des Outaouais, dans le secteur du cœur, ainsi que dans les corridors verts des promenades.
  2. Destinés à l’usage des gens, les corridors des promenades actuelles seront transformés en parcs linéaires riverains répondant aux besoins d’un centre urbain qui se sera densifié. Ces espaces verts mettront en valeur les qualités naturelles panoramiques, culturelles et récréatives de la capitale en favorisant l’accessibilité et la mobilité active et en permettant aux gens de profiter des cours d’eau.
  3. La pointe Nepean, une destination importante de la capitale, sera réaménagée et améliorée en vue d’en faire un point d’intérêt et un belvédère remarquables, et afin qu’elle fasse partie intégrante d’une promenade riveraine continue du canal Rideau à la rivière Rideau.
  4. La CCN continuera de travailler en partenariat pour permettre la tenue, dans les parcs riverains actuels, d’activités compatibles avec leur vocation, et pour maintenir l’accès à des lieux servant à la réalisation de programmes nationaux.
  5. La CCN préparera des plans portant spécifiquement sur les espaces riverains qui définiront comment l’utilisation des terrains peut favoriser l’accès public, tout en protégeant les éléments écologiques sensibles, les paysages culturels, ainsi que le patrimoine archéologique et bâti.
  6. La CCN et ses partenaires fédéraux amélioreront les terrains riverains afin de réinventer la culture de l’eau florissante qui s’est perdue au cours du dernier siècle. La CCN investira dans le réaménagement des berges en vue d’offrir de nouveaux mouillages et de nouveaux quais en dehors des zones écologiquement sensibles, ainsi que de nouveaux espaces verts de repos afin d’offrir un meilleur accès aux plans d’eau pour l’usage d’embarcations ou la pratique d’activités récréatives douces ou à faible impact. Elle améliorera les liens vers les îles des rivières, bien que certaines d’entre elles seront préservées et laissées à leur état naturel.
  7. Les systèmes de transport le long des berges posséderont une capacité piétonnière et cyclable accrue. De nouveaux passages sécuritaires seront créés pour ces usagers dans les corridors de transport. Les promenades continueront de faire partie du réseau d’espaces verts urbains de la capitale, formant une chaîne de parcs linéaires et de corridors verts et donnant accès aux berges des cours d’eau et aux institutions de la capitale.
  8. La CCN collaborera avec les locataires de ses propriétés agricoles à l’amélioration des pratiques agricoles pour réduire les impacts environnementaux sur les cours d’eau avoisinants.
  9. Les efforts continus de la CCN pour réaménager les plaines LeBreton favoriseront l’animation sur les berges.
  10. Les corridors protégés contribueront à préserver les zones inondables et les berges des cours d’eau, à protéger la qualité de l’eau, à sauvegarder les paysages culturels, à permettre la pratique d’activités récréatives passives, à offrir des panoramas et à assurer la liaison entre le réseau d’espaces verts du secteur urbain et ceux de la grande région de la capitale.
  11. Lorsque les infrastructures riveraines (dont celles servant au rejet de l’eau pluviale et les installations électriques, de chauffage et de climatisation) arriveront au terme de leur vie utile, les ministères et organismes fédéraux chercheront des solutions de remplacement plus discrètes, c’est-à-dire ayant un faible impact visuel sur les berges pittoresques, ou utiliseront des écrans visuels adéquats, particulièrement dans le secteur du cœur.
  12. La CCN collaborera avec les municipalités à l’amélioration des bonnes pratiques de gestion des eaux de ruissellement, notamment en améliorant progressivement les techniques de gestion de la qualité de l’eau, et elle réalisera des travaux de restauration. On gérera les débits de ruissellement pour éviter la dégradation des corridors des ruisseaux et des rivières. La CCN mettra en œuvre la politique encadrant l’utilisation de ses terrains pour les nouvelles infrastructures de contrôle de la qualité de l’eau. Celle-ci s’applique dans le cas où la municipalité n’a pas d’autre choix que d’utiliser des terrains fédéraux.

La Ceinture de verdure

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[map bigname="Carte" smallname="Ceinture de verdure" target="Ceinturedeverduremap"]Lieu unique et particulier où cohabitent nature et pratique d’activités récréatives et agricoles, la Ceinture de verdure est un endroit convivial. Grâce à ses 150 kilomètres de sentiers, les usagers peuvent rejoindre le Sentier transcanadien, le sentier Rideau et le réseau du Sentier de la capitale.

La Ceinture de verdure possède une riche diversité de ressources naturelles patrimoniales, dont une rare terre humide boréale, plusieurs espèces en péril, des affleurements géologiques datant de l’ère glaciaire et les vestiges d’une ancienne dune datant de plus de 10 000 ans. Scientifiques amateurs, chercheurs et autres citoyens peuvent contribuer à faire de ce lieu une source enrichissante d’expériences significatives et d’apprentissages tout au long de la vie.

Le Plan Gréber a orienté la configuration et l’aménagement de la région de la capitale pendant plus d’un demi-siècle. Il est à l’origine de la création de la Ceinture de verdure comme moyen de freiner l’étalement urbain de la capitale en pleine expansion, de protéger sa campagne pittoresque comptant des terres réservées à l’agriculture, de créer un réseau d’espaces naturels reliés et de loger de grandes institutions fédérales. Le Plan Gréber ne prévoyait pas le taux de croissance actuel de la population ni l’évolution des modes de consommation des terrains urbains, de sorte que la Ceinture de verdure a graduellement cessé, depuis bon nombre d’années, de remplir la fonction de gestion de la croissance qui lui avait été dévolue. Maintenant cernée par des lotissements urbains, cette importante zone verte protégée acquiert une valeur sans cesse croissante.

En 2067, le vaste réseau d’espaces naturels de la Ceinture de verdure sera mieux intégré au cœur d’une région urbanisée. Ce territoire fera toujours partie intégrante du réseau d’espaces verts de la capitale, en tant qu’entité cohérente et robuste favorisant de façon équilibrée la protection de l’environnement, l’agriculture locale et les activités de loisir. Il continuera de faire fonction de réseau écologique reliant les paysages naturels et culturels de grande valeur se trouvant au milieu de l’urbanisation et de l’intensification croissantes. La Ceinture de verdure renforcera la résilience globale de la région et témoignera de l’engagement de la capitale de protéger ses atouts pittoresques et naturels. Constituant un exemple sur le plan environnemental, elle fera état du leadership de la capitale en matière d’intendance environnementale.

L’accroissement prévu de la population aura une incidence sur la Ceinture de verdure, puisque la plus grande part de la croissance que connaîtra Ottawa pourrait être observée dans les quartiers se trouvant à proximité de cette zone verte. Compte tenu de la périurbanisation et de l’intensification urbaine croissantes, la Ceinture de verdure pourrait revêtir une importance encore plus grande pour faire face aux changements climatiques et assurer la sécurité alimentaire, la connectivité écologique et le passage à une économie à faible émission de carbone limitant l’empreinte écologique. Avec le temps, elle deviendra une oasis de verdure au centre de la ville et sera aussi importante pour la région que le sont le collier d’émeraudes pour Boston, aux États-Unis, les jardins publics pour Adélaïde, en Australie, ou la forêt viennoise pour Vienne, en Autriche.

La Ceinture de verdure renforcera la résilience régionale par la production locale d’aliments. L’évolution vers une production agricole moderne, diversifiée, résiliente et viable sera d’autant plus pertinente pour la collectivité. La conservation des exploitations agricoles et des sols productifs sur des terrains fédéraux de la Ceinture de verdure, ainsi que les innovations éventuelles futures en agriculture durable et en agriculture urbaine prendront de l’importance dans le contexte à venir de croissance de la population et d’urbanisation continue dans la région. La capitale profitera aussi de la création de meilleures possibilités agrotouristiques et de la préservation active des paysages culturels.


LA CEINTURE DE VERDURE

Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. La CCN sera l’intendante attentive de ces terres en veillant à maintenir et à protéger les caractéristiques écologiques de grande valeur, comme les terres humides et les habitats, ainsi que les terres agricoles. Elle aménagera des sentiers récréatifs judicieusement situés et, dans la mesure du possible, améliorera les possibilités récréatives offertes aux usagers et en fera la promotion. La capitale démontrera les avantages de l’agriculture durable aux autres régions du pays.
  2. La CCN mettra régulièrement à jour ses politiques d’aménagement du territoire de la Ceinture de verdure afin de gérer sa base foncière en tenant compte de l’évolution physique de la région.
  3. La CCN permettra les usages récréatifs à faible impact pourvu qu’ils n’altèrent pas l’intégrité écologique de la Ceinture de verdure ou qu’ils n’entraînent pas à long terme une fragmentation ou une perte de sols agricoles productifs. En outre, les jardins communautaires municipaux à l’intention des résidants des quartiers adjacents pourraient être autorisés sur les terrains qui permettent les usages agricoles.
  4. La CCN collaborera avec la Ville d’Ottawa, les organismes de conservation et d’autres partenaires des secteurs public et privé à l’aménagement de liens écologiques à partir de la Ceinture de verdure vers les grands réseaux écologiques.
  5. Lorsqu’il aura été démontré que, faute d’autre possibilité viable, de nouvelles infrastructures doivent traverser la Ceinture de verdure, la CCN encouragera leur regroupement dans des corridors afin d’éviter une plus grande fragmentation du territoire. Toute proposition de nouvelle infrastructure de transport devra être évaluée dans le cadre du processus d’évaluation des effets cumulatifs que la CCN et la Ville d’Ottawa ont établi conjointement.
  6. La CCN promouvra une agriculture urbaine de classe mondiale, faisant appel à des pratiques de pointe et comprenant la réalisation de travaux de recherche conjoints en matière de terre agricole, de conservation des sols et de production alimentaire. S’appuyant sur la situation unique de ses terres agricoles protégées se trouvant près du centre d’une grande agglomération urbaine, elle contribuera grandement à l’amélioration de la résilience et de la sécurité alimentaire en soutenant la production locale. Elle mettra en valeur le legs agricole vivant du Canada en rehaussant la richesse du patrimoine et de l’histoire agricoles de la région tout en adoptant une production agricole moderne, diversifiée et durable.
  7. La CCN participera aux discussions avec les autres ordres de gouvernement concernant les utilisations futures du sol aux limites extérieures de la région de la capitale nationale afin de préserver la biodiversité régionale.

Les espaces verts urbains de la capitale

[map bigname="Carte" smallname="Espaces verts urbains" target="Espacesvertsurbainsmap"]Les parcs, les espaces verts urbains et les corridors linéaires de verdure sont des enclaves qui forment un réseau d’espaces verts dans les secteurs urbains de la capitale et qui complètent les grands espaces verts du parc de la Gatineau, de la Ceinture de verdure et des berges. Les espaces verts urbains créent un réseau qui contribue à l’image de la capitale du Canada en tant que région verte vraiment unique. Ils constituent un élément dynamique et animé d’un ensemble plus grand et concourent grandement à la qualité de vie dans la grande région urbaine. En outre, le réseau d’espaces verts de la capitale fournit diverses possibilités récréatives et renforce la capacité écologique de l’ensemble de la région de la capitale.

La CCN gère ce réseau de précieux espaces verts pour offrir aux gens des lieux accessibles à découvrir et dont ils peuvent profiter, et pour assurer la viabilité à long terme de la biodiversité de la région. Les grands parcs continueront d’être le lieu de manifestations et d’activités qui concourent à l’animation de la capitale.


LES ESPACES VERTS URBAINS DE LA CAPITALE

Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. La CCN conservera les espaces verts d’importance nationale qui remplissent des fonctions liées à la capitale.
  2. La CCN pourrait conserver, dans sa masse des terrains d’intérêt régional, des terrains appartenant au gouvernement fédéral qui n’ont pas de fonction liée à la capitale, mais qui remplissent une fonction régionale essentielle, et ce, à perpétuité ou jusqu’à ce que l’on trouve un intendant local approprié qui pourra conserver ces terrains comme espaces verts.
  3. La gestion des zones forestières et boisées se trouvant sur les propriétés urbaines fédérales exigera l’élaboration d’une politique de gestion des forêts urbaines et des mesures de régénération. Les organismes fédéraux travailleront en étroite collaboration avec les municipalités touchées, dont certaines ont déjà élaboré des politiques à cet égard.
  4. La CCN travaillera avec ses partenaires afin de créer et de protéger, à long terme, des lieux tranquilles et des aires de protection du ciel nocturne dans les secteurs désignés du réseau d’espaces verts de la capitale.
  5. La CCN collaborera avec les municipalités, les organismes de conservation et d’autres partenaires à l’aménagement de liens écologiques depuis le réseau de parcs urbains et d’espaces verts de la capitale vers les grands réseaux écologiques.