Une capitale dynamique et branchée

La région urbaine en croissance offre de nombreuses possibilités pour faire de la capitale du Canada un endroit cosmopolite et attrayant où vivre et travailler, et à visiter. Le terme « dynamique » signifie que la région est florissante, animée et agréable. Par exemple, parmi les innombrables attraits que compte la région sur les plans social, économique et culturel, le patrimoine bâti constitue une composante intéressante du paysage économique et culturel. Autre exemple : il est facile de se déplacer et d’échanger avec d’autres personnes dans l’espace public, ce qui facilite les liens sociaux.

Depuis qu’Ottawa est devenue la capitale, la présence du gouvernement fédéral a eu une influence déterminante sur l’économie de la région en raison des emplois directs et indirects qu’il crée, de ses dépenses et des contributions qu’il verse aux municipalités sous forme de paiements versés en remplacement d’impôts pour les terrains autres que des parcs. La capitale est une importante destination touristique : les symboles nationaux et les grands évènements commémoratifs (comme la fête du Canada et le jour du Souvenir) attirent un grand nombre de visiteurs dans la région de la capitale.

Les administrations municipales et fédérale ont évolué avec le temps pour s’adapter aux changements qui sont survenus dans l’urbanisation et l’organisation spatiale de la région. Néanmoins, celle-ci pourrait plus que jamais fonctionner comme une entité économique unique et interreliée.

Un des objectifs importants du présent plan est d’équilibrer le rôle de la région de la capitale pour ce qui est, d’une part, de présenter le Canada à la population canadienne et au monde et, d’autre part, de soutenir les intérêts locaux des résidants. Le succès de la région de la capitale repose sur la nécessité d’en préserver la prospérité, la vitalité et le dynamisme.

La capitale et l’économie régionale

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Le gouvernement fédéral est un des grands employeurs de la région. Les salaires versés à la fonction publique fédérale dans la région de la capitale nationale contribuent à la stabilité de l’économie régionale. Les activités du gouvernement fédéral soutiennent aussi un nombre important d’emplois indirects dans des secteurs comme les services professionnels, la construction et la technologie. De plus, les activités du CNRC et d’autres organismes fédéraux de recherche ont aidé à attirer de grandes entreprises de recherche dans la région. Enfin, nombre d’entreprises se sont établies dans la capitale pour répondre à la demande en biens et en services du gouvernement fédéral.

Avec le temps, les secteurs touristique et culturel sont aussi devenus d’importantes sources d’emplois et d’activités économiques dans la région. La présence du gouvernement fédéral concourt à la croissance soutenue de ces deux secteurs.

[caption id="attachment_834" align="alignnone" width="300" class="imageleft"]Rendu architectural des Terrasses de la Chaudière Source : grc architects Rendu architectural
des Terrasses de la Chaudière

Source : grc architects[/caption]

L’activité du gouvernement fédéral demeurera une composante déterminante de l’économie de la région dans l’avenir. Toutefois, son importance relative diminuera probablement par rapport aux autres secteurs économiques de la région de la capitale, tels que la recherche, la technologie, les soins de santé et la culture. Les institutions scientifiques nationales, ainsi que plusieurs grands établissements postsecondaires privés et publics, attirent des étudiants et des chercheurs de partout au Canada et dans le monde, procurant ainsi à la capitale la réputation d’un centre d’innovation. La présence d’une population hautement scolarisée dans une région diversifiée où il fait bon vivre procure au gouvernement un grand bassin de talents dans lequel puiser.

L’attrait de la région et sa compétitivité en matière d’attraction et de rétention des travailleurs compétents influeront sur l’efficacité de la fonction publique fédérale et l’exécution des programmes fédéraux. De même, les attentes de ces travailleurs et de leurs familles auront une incidence sur le développement urbain de la région. Leurs aspirations sur les plans du bien-être, de l’ouverture, de la qualité de lieu et de la stabilité économique contribueront à créer une région de la capitale dynamique.

À quoi ressemblera la capitale du Canada dans 50 ans? La croissance et les changements extraordinaires qu’a connus la capitale depuis 1967 dépassent de beaucoup ce qu’envisageait comme possible Jacques Gréber dans les années 1950. Aujourd’hui, en raison des avancées technologiques rapides, les changements sociaux et démographiques modifient la répartition de l’emploi dans l’économie urbaine en évolution de la capitale. Les changements qui se produisent dans les lieux de travail de la main-d’œuvre fédérale reflètent ceux observés dans le secteur privé, où les espaces de travail deviennent plus axés sur la collaboration, l’optimisation de l’espace, la flexibilité et l’accessibilité universelle. Les modalités de travail flexibles et l’utilisation de la technologie changent les exigences d’aménagement des installations de l’administration publique fédérale.

[caption id="attachment_547" align="alignnone" width="300" class="imageleft"]Redevelopment of Albert Island. Source: Windmill Development Group, Ltd Réaménagement de l’île Albert
Source : Groupe Développements Windmill[/caption]

La main-d’œuvre hautement qualifiée de l’avenir disposera d’un mélange d’espaces formels et informels lui permettant d’être reliée à son travail grâce aux communications sans fil. Les limites entre zones de vie, de travail et de loisir s’estomperont probablement. Avec le temps, l’aménagement du territoire et la planification des installations de l’administration publique fédérale suivront ce modèle. Des secteurs à usages mixtes, où le travail et l’habitation sont plus proches ou intégrés, aideront les gens à réduire les temps de navettage. Les applications issues des concepts de ville ouverte et intelligente faciliteront les habitudes et les modes de déplacement quotidiens. Ces technologies aideront à surveiller la consommation d’énergie et à améliorer l’efficacité globale de la production et de la distribution des ressources.

Dans un monde où les régions métropolitaines se feront probablement encore davantage concurrence pour attirer les talents et les capitaux, des atouts tels que la qualité de vie et de l’environnement et le caractère du lieu seront déterminants pour leur réussite. Les villes devront faire preuve d’une plus grande habileté relativement à la circulation des travailleurs, des marchandises et des services afin de mieux faire face à l’augmentation des coûts des ressources énergétiques et hydriques. Elles devront également améliorer l’efficacité des systèmes de chauffage et de climatisation des immeubles, de même que la production et l’approvisionnement alimentaires.

De nouvelles infrastructures seront essentielles. Les réseaux intelligents pourraient avoir des effets importants sur la vie quotidienne et seront essentiels à la planification et à la gestion des organismes et des systèmes urbains et métropolitains complexes. Des terrains publics faisant spécifiquement partie de l’héritage de la capitale peuvent représenter des atouts pour favoriser ce dynamisme futur. Leur valeur n’est pas qu’économique : elle est symbolique, culturelle, scientifique, esthétique et écologique, et ces terrains contribuent à la résilience sociale.

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Le présent plan soutient pleinement le renouvellement des complexes d’emplois fédéraux par l’ajout d’autres usages (p. ex. habitation, commerce de détail et bureaux), en particulier près des stations de transport en commun rapide. Tel qu’il a été exposé au chapitre 3, les pôles d’emplois fédéraux existants, comme le pré Tunney et les buttes de la Confédération, ainsi que certains complexes du secteur du cœur, comme la Place du Portage, s’adapteront progressivement afin de mieux s’intégrer aux quartiers avoisinants.


LA CAPITALE ET L’ÉCONOMIE RÉGIONALE

Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. La CCN guidera le réaménagement des plaines LeBreton en tant qu’élément central d’un secteur revitalisé de la capitale.
  2. La CCN appuiera SPAC dans son rôle de fournisseur de locaux à l’administration fédérale dans des endroits qui contribueront à l’édification de la capitale et de la ville, et ce, par une planification cohérente contribuant à la réalisation des priorités des municipalités en matière de gestion de la croissance.
  3. Le dessaisissement de certains terrains excédentaires aidera à atteindre les objectifs régionaux de consolidation et d’intensification dans le secteur urbain actuel.
  4. Les aliénations et les acquisitions de terrains fédéraux dans la région de la capitale nationale se feront d’une manière claire et transparente, selon le principe de la juste valeur marchande.
  5. Les changements liés aux locaux de l’administration fédérale comprendront la localisation des installations à proximité de services de transport collectif facilement accessibles. La rénovation ou le remplacement de bâtiments dont la conception permet d’en améliorer le rendement énergétique et l’accessibilité contribuera au développement durable de la région et réduiront les incidences environnementales.
  6. Dans tous les aspects liés à son mandat, la CCN favorisera l’utilisation et le développement de technologies intelligentes, ainsi que le partage et l’échange d’information dans le cadre de partenariats avec d’autres organismes fédéraux et les municipalités, afin d’atteindre des normes élevées en matière d’efficacité.
  7. La CCN appuiera l’objectif du CNRC de faire du 100, promenade Sussex la pièce maîtresse d’un pôle de collaboration et de réseautage en science, en technologie et en innovation qui soutient la capacité et la visibilité de l’innovation canadienne.

Une culture et un patrimoine vivants

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En 2067, le patrimoine culturel de la région de la capitale sera plus riche et diversifié. Ce patrimoine offre de multiples interprétations de l’histoire et des récits de la capitale et du pays. Le patrimoine constitue une partie essentielle de l’identité de la capitale, qu’il s’agisse de ses points d’intérêt les plus importants — dont les édifices du Parlement, les résidences officielles, d’autres édifices d’importance nationale, des lieux historiques nationaux et le canal Rideau, site du patrimoine mondial de l’UNESCO —, de ses enclaves urbaines à l’ambiance intime ou de ses paysages ruraux pittoresques.

Tel qu’il a été exposé au chapitre 3, la présence d’institutions culturelles nationales constitue une caractéristique importante de la capitale. Au nombre de celles-ci, mentionnons le Centre national des arts, le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée canadien de l’histoire, le Musée canadien de la nature, le Musée des sciences et de la technologie du Canada, le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada et le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada. Autre institution importante s’ajoutant à ces partenaires, le ministère du Patrimoine canadien, qui a la responsabilité de la programmation et de l’interprétation dans le secteur du cœur de la capitale.

[caption id="attachment_841" align="alignnone" width="300" class="imageleft"]Maison Strutt (construite en 1956), parc de la Gatineau Source : Fondation Strutt Maison Strutt (construite en 1956), parc de la Gatineau
Source : Fondation Strutt[/caption]

Le nombre croissant d’attractions, de festivals et d’activités dans la capitale attire encore plus de touristes dans la région. En 2014, 10,4 millions de visiteurs ont apporté 1,7 milliard de dollars à l’économie de la région. La participation du gouvernement fédéral à l’aménagement et à l’embellissement de la région de la capitale aide à en maintenir l’attrait pour les visiteurs potentiels de partout au Canada et de l’étranger. Les travaux de la CCN visant à préserver les principaux biens patrimoniaux d’intérêt national dans le marché By et à créer de nouveaux attraits d’importance régionale, nationale ou internationale sur les plaines LeBreton ou sur les berges des rivières Rideau, Gatineau et des Outaouais, ainsi que du canal Rideau, ajoutent à l’attrait de la région comme destination.

L’architecture et le design sont des expressions de la culture. La CCN recherchera un design inspirant et de grande qualité dans ses projets et dans ceux de ses partenaires fédéraux, en faisant la promotion de normes élevées en matière d’accessibilité et de durabilité pour les éléments de la capitale. L’aménagement de lieux de grande qualité sur les plans de l’architecture, de l’aménagement paysager et du design urbain, respectant leurs alentours et créant un sentiment d’appartenance véritable et mémorable plus profond que celui qui se dégage normalement d’un milieu urbain typique, embellit la capitale et la rend plus attrayante.

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Le patrimoine culturel très diversifié de la région de la capitale témoigne des époques successives d’exploration et d’établissement. Les routes de portage, qui prouvent qu’on naviguait sur les cours d’eau, et les traces de la présence autochtone très ancienne le long des berges sont encore visibles aujourd’hui et renferment des vestiges remontant à des millénaires. Le développement du commerce du bois et la construction du canal Rideau — une merveille d’ingénierie qui a ouvert en 1832 — ont modifié les paysages naturels le long des rivières et sur les îles au cours du XIXe siècle. Compte tenu de sa valeur patrimoniale exceptionnelle, le canal est protégé en vertu de la Loi sur les lieux et monuments historiques en tant que lieu historique national. En 2007, l’UNESCO l’a désigné site du patrimoine mondial.

De riches entrepreneurs forestiers se sont fait construire d’imposants manoirs des deux côtés de la rivière des Outaouais. Bytown, renommée Ottawa en 1855, est devenue la capitale par proclamation royale en 1857. À la fin du XIXe siècle, sous l’influence du mouvement Monumental Capital en vigueur à l’époque, on s’est attaché à édifier une « grande capitale du monde ». La construction de la Cité parlementaire au-dessus de la rivière des Outaouais, conçue de manière à créer un ensemble paysager, en fut la première manifestation. Le caractère verdoyant de la capitale captivait également l’imagination, cet aspect étant profondément enraciné dans les convictions du mouvement City Beautiful de l’époque victorienne : côtoyer la beauté et en jouir grâce à la nature et aux jardins. On peut d’ailleurs l’observer dans les travaux d’architectes paysagistes importants, comme Frederick Law Olmsted, Frederick Todd et Calvert Vaux. Au cours des 120 années qui ont suivi, chaque mouvement architectural d’avant-garde a laissé sa marque dans la capitale sous la forme d’édifices abritant des institutions nationales qui sont devenus des points d’intérêt emblématiques. Plusieurs de ces édifices des XXe et XXIe siècles ont reçu des prix d’architecture et de design urbain.

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Ont aussi façonné le caractère de la capitale les différentes vagues d’immigration, des premiers ouvriers canadiens-français, irlandais et écossais qui ont travaillé à la construction du canal Rideau dans les années 1820, jusqu’aux immigrants récents de cultures diverses de partout dans le monde. La diversité culturelle du Canada et de la capitale a amené avec elle de nouvelles façons de voir et de nouvelles valeurs qui en ont façonné à la fois la forme physique et la vie culturelle.

La conservation est un volet essentiel du mandat de la CCN. Comprendre le tissu patrimonial de la capitale sous toutes ses formes — le patrimoine bâti, l’archéologie et les paysages culturels, ainsi que le patrimoine immatériel (savoir-faire, connaissances et traditions) — est fondamental pour planifier l’avenir. La CCN sera une chef de file dans l’intendance et la gestion de ses biens patrimoniaux. Les interventions dans un lieu patrimonial ou ses alentours immédiats doivent s’appuyer sur une solide compréhension de sa valeur patrimoniale et sur la conservation de ses caractéristiques patrimoniales.

Les sites archéologiques de la capitale recèlent de nombreux artéfacts et permettent de mieux interpréter la présence des Autochtones et leur apport à la région. Plusieurs sites archéologiques industriels, de même que plusieurs ouvrages et édifices, comme le moulin Thompson Perkins, témoignent du rôle de l’industrie du bois dans le développement de la capitale et contribuent à son paysage culturel.

Les ressources archéologiques représentent un volet important de l’histoire de la région et doivent donc être protégées. Un meilleur accès physique aux sites et un accès en ligne accru aux artéfacts permettront de mieux faire comprendre et apprécier leur importance.

Les apports contemporains à cet héritage culturel permettent de réaliser l’aspiration de créer une grande capitale du monde. Il est essentiel de continuer à promouvoir l’excellence, la créativité et l’innovation en matière de design afin de créer des lieux où il fait bon vivre qui soutiennent et mettent en valeur le caractère particulier de la capitale. Il est important de créer des lieux où les gens se sentent les bienvenus.

Les œuvres d’art public contribuent à la création d’espaces en puisant dans le vocabulaire des pratiques en art contemporain, parfois en remettant en question nos conventions en matière d’espace public. Elles mettent aussi en évidence les talents canadiens ou étrangers et permettent aux gens d’apprendre sur l’histoire.


UNE CULTURE ET UN PATRIMOINE VIVANTS

Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. La CCN s’efforcera de protéger les édifices et les lieux patrimoniaux et de leur redonner vie en leur trouvant de nouvelles vocations qui respectent leur caractère, qui sont compatibles avec les éléments patrimoniaux à préserver et qui permettent d’y intégrer adéquatement des dispositifs d’accessibilité. Elle appliquera des critères d’aménagement propres aux projets. La CCN accordera une attention particulière à l’architecture du XXe siècle.
  2. La CCN fera la promotion de la qualité du design pour encourager la création de lieux, de bâtiments, d’ouvrages et de paysages adaptés, accessibles, durables et de conception réfléchie.
  3. La CCN continuera de privilégier l’utilisation de ses terrains pour la tenue d’activités culturelles nationales et d’appuyer la création artistique. Des activités locales et régionales seront permises sur les terrains de la CCN si elles sont compatibles avec leur vocation nationale et lorsqu’aucun terrain municipal n’est disponible comme solution de rechange.
  4. La CCN tiendra un répertoire des terrains propices à la construction de nouvelles institutions culturelles nationales, si les ressources le permettent. Un cadre de référence particulier servira de guide à cet effet. Il pourrait s’agir de nouvelles installations destinées à la musique, au portrait et à l’art contemporain ou encore aux reconnaissances nationales.
  5. La CCN travaillera avec ses partenaires fédéraux pour ajouter et mettre en valeur des œuvres d’art de la plus grande qualité dans le domaine public de la capitale, à la fois en propre ou intégrées à d’autres projets d’aménagement.
  6. La CCN soutiendra la diversité des arts dans la capitale en autorisant l’utilisation de ses terrains par des organisations à but non lucratif et des établissements d’enseignement pour des activités temporaires, si cela est indiqué.
  7. La CCN encouragera la création d’une image numérique en ligne de la capitale promouvant l’accueil, l’ouverture et la transparence de même que l’accès au patrimoine, ainsi que des visites guidées stimulantes de la capitale.
  8. La CCN travaillera avec ses partenaires fédéraux, locaux et du secteur privé afin que le cœur de la capitale devienne entièrement bilingue, car la reconnaissance du bilinguisme officiel du Canada constitue un élément central de l’identité nationale et régionale.
  9. La CCN favorisera une approche de collaboration régionale pour la planification de l’offre culturelle en partenariat avec les administrations municipales et les groupes communautaires.
  10. La CCN continuera de travailler avec Parcs Canada pour protéger et animer le site du patrimoine mondial du canal Rideau et pour s’assurer que les aménagements sur ses berges respectent le plan de gestion de ce site soumis à l’UNESCO.

Les liens et la mobilité

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[map bigname="Carte" smallname="Accès à la capitale, entrées panoramiques et promenades" target="Accslacapitaleentrespanoramiquesetpromenadesmap"]Historiquement, le rôle de la CCN et des organismes qui l’ont précédée en matière de transport urbain a découlé du mandat d’aménagement fédéral qui lui est conféré par la loi et du fait qu’elle est propriétaire de terrains et d’ouvrages comme des ponts, des promenades et des corridors.

Dans les années 1950, la Commission du district fédéral, et plus tard la CCN, ont réorganisé les réseaux de transport de la région, en repensant le cœur de la capitale et en déplaçant les fonctions industrielles et le réseau ferroviaire vers la périphérie urbaine.

Au cours de la dernière moitié du XXe siècle, comme dans les autres villes nord-américaines, on a privilégié l’usage de l’automobile individuelle, et cet aspect constitue l’un des éléments marquants du Plan Gréber. Récemment, cette tendance s’est inversée et les efforts ont été axés sur le transport public, le covoiturage et les installations cyclables séparées. Bien qu’il soit difficile de prédire quelle direction prendra la mobilité urbaine au cours des 50 prochaines années, les technologies de l’information avancées définissent déjà les modes de déplacement et la gestion des systèmes de transport. Les orientations futures comprendront probablement la poursuite des investissements dans le transport collectif et les infrastructures cyclables, une plus grande importance accordée à l’expérience piétonnière, une conception du domaine public qui améliore nettement l’accessibilité universelle et l’accroissement des services de véhicules automatisés et sur demande. La CCN appuiera activement les politiques de transport favorisant la durabilité écologique.

[caption id="attachment_551" align="alignnone" width="300" class="imageleft"]Le pont Alexandra au soleil couchant Source : CCN Le pont Alexandra au soleil couchant
Source : CCN[/caption]

Au cours des prochaines décennies, les investissements de la CCN dans le domaine du transport devraient favoriser la création de lieux, en plus de rehausser l’expérience de la capitale. Les efforts du gouvernement fédéral dans le transport régional devraient ainsi être axés sur les investissements dans les biens qui contribuent à édifier un réseau de mobilité durable unique et attrayant.

L’amélioration des liens interprovinciaux demeure un aspect important de la participation fédérale dans la mobilité régionale. La main-d’œuvre fédérale dans la région de la capitale, répartie des deux côtés de la rivière des Outaouais, dépend de ces liens. La CCN appuie l’amélioration du transport urbain dans la région par des efforts soutenus visant une planification efficace, concertée et intégrée, ainsi que des normes élevées en matière de design, de qualité environnementale et d’intendance. La réussite à cet égard sera tributaire d’une démarche concertée des différents ordres de gouvernement.

Les principales routes et les principaux ponts donnant accès au secteur du cœur, ainsi que les autres points d’entrée (aéroports et gares ferroviaires et d’autocars), contribuent grandement au caractère symbolique de la région et devraient procurer aux visiteurs le sentiment d’être arrivés et les bienvenus. Les points d’arrivée et d’accès doivent présenter une image cohérente de la capitale et se distinguer par un design exceptionnel, et la CCN travaillera avec ses partenaires pour atteindre ces objectifs. De plus, la conception adéquate des éléments d’orientation et d’information destinés aux visiteurs constitue un facteur important pour faire de la région de la capitale une destination de choix.

La CCN met l’accent sur la mobilité comme aspect fondamental de l’expérience de la capitale, laquelle permet d’explorer et d’apprécier la diversité des milieux naturels et bâtis et des paysages de la région. La marche et le cyclisme sont deux importants modes de mobilité active qui permettent d’apprécier pleinement la capitale. Le réputé réseau de sentiers de la capitale, aménagé en partenariat avec les municipalités, offre aux résidants et aux visiteurs des itinéraires continus, sécuritaires et agréables pour la découvrir. Les sentiers répondent aux différents besoins des cyclistes et marcheurs navetteurs et récréatifs et sont intégrés aux autres liens routiers et non routiers. Ils permettent d’accéder aux institutions, aux attraits, aux installations de l’administration publique fédérale, aux parcs et aux lieux panoramiques de la capitale. Quant aux promenades qui longent les cours d’eau de la région, elles permettent à ceux qui les empruntent de faire une paisible balade offrant des vues panoramiques et dont le parcours est parsemé d’éléments expérientiels et d’interprétation.

De même, les corridors des promenades du secteur urbain de la capitale, qui se trouvent en grande partie le long du canal Rideau et de la rivière des Outaouais, font ressortir la beauté du site de la capitale et de ses cours d’eau pour le plaisir du public. Les qualités panoramiques caractéristiques des promenades rehaussent l’agrément de leur parcours et les distinguent du réseau de transport local. Ces corridors contribuent au caractère écologique et cérémoniel de la capitale et font partie de son réseau d’espaces verts.

Conformément au Plan de la capitale du Canada, la CCN préservera le caractère prévu des promenades en tant que routes panoramiques destinées à la circulation à faible densité, à faible débit et à basse vitesse dans un cadre de parc, et elle créera un ensemble de parcs riverains. Dans certains cas, le raccordement des promenades aux voies locales en fait de facto des routes servant aux navettes quotidiennes, bien que ce ne soit pas la fonction pour laquelle elles ont été prévues. La CCN poursuivra donc les discussions avec les autorités compétentes en vue de trouver des solutions pour limiter cet usage non prévu.

Les liens interprovinciaux sont essentiels à la vitalité et à la croissance économique de la région. La CCN reconnaît que l’intégration fluide des liens interprovinciaux aux réseaux de transport municipaux et provinciaux est essentielle à une région prospère et durable. À cet égard, les autorités responsables des plans de transport en commun doivent mettre en œuvre des stratégies cohérentes de transport régional afin d’améliorer les liens entre les différents territoires.

Dans son initiative stratégique de transport de 2005, la CCN proposait une vision multimodale aussi bien pour le transport des marchandises que pour le transport des personnes. On y reconnaît que des mesures s’imposent pour accroître la résilience de l’infrastructure de transport interprovinciale, et on y préconise un réseau de transport en commun interprovincial unique et plus solide par l’augmentation de la capacité et l’ajout de liens routiers évolutifs. Le présent plan se situe dans le prolongement de cette vision.

De plus, la CCN agira davantage comme facilitatrice et coordonnatrice des investissements visant à accroître les liens et les services et appuiera les investissements fédéraux contribuant à l’atteinte de ces objectifs. Les divers ordres de gouvernement de la région doivent miser sur des investissements stratégiques pour promouvoir la mobilité active et la multimodalité. Il faut combler les lacunes nuisant à l’efficacité des liaisons afin de bénéficier d’un réseau de transport unifié et intégré en adoptant une démarche de planification concertée avec les autorités municipales et provinciales et en ayant recours à des systèmes d’information de pointe.

La collaboration avec les autres ordres de gouvernement et l’industrie du transport des marchandises s’impose pour favoriser la circulation interprovinciale des camions et le transport des marchandises. Les résultats favorables souhaités à cet égard sont l’efficacité accrue des livraisons, des conditions facilitant les circuits de trafic transitaire et local, l’atténuation des incidences environnementales et sur les quartiers et la préservation du caractère particulier du secteur du cœur de la capitale.


LES LIENS ET LA MOBILITÉ

Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. La CCN investira dans la gestion prudente du réseau de promenades en mettant l’accent sur la protection et la mise en valeur de ses qualités intrinsèques à titre d’« infrastructure verte » fédérale robuste et interreliée.
  2. La CCN travaillera avec ses partenaires pour concevoir une signalisation appropriée et un système d’orientation intégré, et pour apporter d’autres améliorations pertinentes et novatrices en matière de communication en vue de répondre aux besoins particuliers des visiteurs et à ceux des personnes handicapées de manière à favoriser leur participation croissante.
  3. La CCN unira ses efforts à ceux de ses partenaires municipaux en vue d’adapter le réseau de sentiers de la capitale aux besoins des usagers et de réduire les conflits entre les différents types d’usages.
  4. La CCN travaillera en collaboration avec la Ville d’Ottawa et SPAC pour réinventer le paysage urbain et améliorer le domaine piétonnier et cyclable de la rue Wellington.
  5. La CCN examinera la possibilité d’accroître la propriété fédérale ou de collaborer au financement d’attraits essentiels de la capitale, tels que le boulevard de la Confédération, parcours officiel d’honneur et voie de la découverte de la capitale.
  6. Le gouvernement fédéral demeurera propriétaire des ponts interprovinciaux, dont deux appartiennent à la CCN. Ces ponts, qui enjambent la rivière des Outaouais, sont des éléments unificateurs et caractéristiques de la région de la capitale.
  7. À court terme, la CCN continuera de travailler avec les municipalités et SPAC à l’amélioration des liens routiers interprovinciaux au moyen des ponts existants. À long terme, si les gouvernements de l’Ontario et du Québec et les municipalités concernées s’entendent sur le besoin d’un nouveau pont interprovincial, la CCN collaborera à la planification et à la réalisation du projet.
  8. La CCN appuiera les efforts de développement de services de transport en commun interprovincial fluides et continus, conformément aux principes adoptés dans le cadre de la Stratégie de transport interprovincial, y compris l’adaptation du pont ferroviaire Prince-de-Galles au transport en commun et à la mobilité active.
  9. La CCN continuera de promouvoir les modes de mobilité et d’accès de grande qualité dans la région, conformément à son mandat d’aménager et d’embellir la capitale tout en veillant à ce que celle-ci ait un caractère digne de son importance nationale.
  10. La CCN continuera à travailler avec les municipalités, les autorités responsables du transport en commun et les groupes communautaires pour trouver des façons d’équilibrer la répartition modale (la part des différents modes de transport utilisés) dans la capitale et pour faire de la marche, du cyclisme, du transport en commun et des services d’autopartage des solutions de rechange attrayantes à l’utilisation de la voiture privée.
  11. En collaboration avec SPAC, la CCN élaborera un plan visant à rendre les biens fédéraux du secteur du cœur universellement accessibles.
  12. En collaboration avec les municipalités, la CCN élaborera un plan visant à améliorer la sécurité et l’expérience piétonnières dans le secteur du cœur.
  13. La CCN effectuera un suivi de l’utilisation de ses sentiers très fréquentés et, dans la mesure du possible, séparera les usages récréatifs des usages de navettage.
  14. La CCN travaillera avec les autorités compétentes en vue d’améliorer les liaisons entre les systèmes aérien, ferroviaire et d’autocars, qui donnent accès à la capitale. La CCN poursuivra le travail avec les autorités compétentes afin que les installations et les liens aéroportuaires, ferroviaires et routiers soient aménagés selon une conception exemplaire permettant d’offrir un accueil agréable et de signaler l’arrivée dans la capitale du Canada.
  15. La CCN travaillera avec les autorités responsables du transport en commun afin d’améliorer la desserte des institutions nationales, y compris les installations connexes telles que les abris et les bancs.
  16. La CCN permettra la construction d’infrastructures de transport sur ses terrains en vue de répondre aux objectifs de développement et de croissance durables s’il n’existe aucune autre solution viable et si la nouvelle infrastructure ne contrevient pas à son mandat.